Cat Mousses
Récit 151 - Le plein d'Oméga à Rotuma
En mer vers Tuvalu
Et bien voilà, c'est non sans un léger pincement au cour que nous quittons définitivement Fidji. Je ne saurais dire toutefois si ce pincement est dû au fait que nous avons tant aimé les Fidji ou tout simplement à cause de la si belle semaine que nous venons de passer à Rotuma. Il reste que le temps est venu de passer à autre chose. Wasabi a quitté pour les Vanuatu ce matin alors que nous avons pris la direction opposée pour aller voir de nos yeux cet atoll de Tuvalu qui, semble-t-il, est appelé à disparaître dans un avenir assez rapproché à cause du réchauffement planétaire et son manque d'élévation par rapport au niveau de la mer.
La mer vers Tuvalu est une navigation de deux jours. Le premier jour nous avançons à moteur faute de vent donc l'équipage se porte à merveille. On joue au scrabble avec les enfants, la mer est calme, les enfants peuvent participer au quarts de garde de soirée. Mais, comme toujours, on ne perd rien pour attendre. Le vent forcira au cours de la nuit et on en aura pour notre argent. Quelqu'un peut-il me dire? Comment se fait-il que peu importe vers où nous allons, nous sommes toujours au près avec le vent dans le nez? Le bateau sera bien rincé ça je vous en passe un papier! Ce matin il a fallu enrouler une partie du génois car il y avait une ouverture d'environ 3-4 pieds de long dedans. Il semble qu'une couture ait rendu l'âme, nous espérons pouvoir mettre la main sur une machine à coudre à Tuvalu pour réparer la voile.
Hier la pêche a été, disons, assez bonne! En effet, ce n'est pas un, ni deux mais bien trois thons jaunes que nous avons pêché. Wow! Notre dernier thon remontait à l'Atlantique! Sushis au menu pour le souper! Heureusement que la mer était calme car j'ai passé l'après-midi complet dans ma cuisine. J'avais un petit goût de Thermomix alors je me suis amusée à cuisiner avec mon appareil. Puisque nous étions à moteur je pouvais faire fonctionner mon Thermomix autant que je voulais sans souci d'électricité. Pour en revenir à la pêche, voyant mon pêcheur infatigable rentrer sa ligne après le troisième thon, je l'ai questionné à savoir ce qui lui prenait de ranger sa ligne, et lui de me répondre : 'Metthon que ça va faire pour aujourd'hui le thon!' J'étais bien sûr sarcastique car j'étais assez d'accord avec lui. C'est beau la pêche mais ces petites bêtes il faut ensuite les remonter, les nettoyer, les conserver, les cuisiner et tout. Pour l'instant nous avons convenu de faire des sushis, sashimis et ceviche. Nous allons en manger ce soir, faire quelques conserves de thon, et finalement, sécher le reste au soleil (première tentative, voyons ce que ça donnera). Pas le genre de chose que nous aurions pu tenter à Rotuma vu la population de mouches de cet endroit.
Je vous parlerai maintenant plus en détails de la semaine que nous venons de passer à Rotuma. A notre arrivée il y avait pas mal d'activité au quai. En effet, le traversier, qui vient normalement une fois par mois, venait tout juste d'arriver le matin-même, alors ça grouillait d'activité. C'est d'ailleurs comme ça que nous avons rencontré dès le premier jour, Filipé, assis à jaser avec deux autres personnes près du traversier le Westerland.
Aux dires des douaniers venus à bord pour effectuer la paperasse d'entrée à Rotuma, nous étions cette année les troisième et quatrième bateau de plaisanciers à visiter l'île. Nous les avons un peu décontenancés de quitter les Fidjis via Rotuma car normalement les rares bateaux qui s'arrêtent ici le font pour entrer aux Fidji et non pour les quitter. Mais, comme d'habitude, nous aimons faire différent!
Filipé, notre nouvelle connaissance, un homme de 40 ans, nous a pris sous son aile et a fait de notre séjour ici, un moment inoubliable. Voyant que la pêche nous intéressait, il nous a arrangé une pêche de nuit avec son cousin Ben, surnommé Woofy. Nous sommes partis, René, Brian, Woofy et moi. Ce n'était pas du gâteau car la courant était extrêmement fort et on se faisait balloter de tout bord tout côté avec les vagues. De plus, la langouste ici n'est pas dupe. Elle s'enfuit lorsqu'on l'éclaire! Mais tout de même, la pêche a été, disons . assez bonne. Si ma mémoire est bonne, nous en sommes revenus avec 5-6 langoustes, 3 cigales de mer, 6-7 crabes et un poisson unicorne. Inutile de parler du festin du lendemain soir sur Cat Mousses! René et moi sommes retournés pêcher de nuit le surlendemain et malgré une brève pêche, nous sommes revenus avec 3 crabes et deux cigales.
Un après-midi, Filipé nous a invités à l'accompagner pour un Bush Walk pour aller nourrir ses animaux : vaches, chèvres, cheval et cochons. Nicolas était bien intrigué de savoir avec quoi on allait nourrir les animaux puisque nous sommes partis les mains vides. En fait on ne faisait que déplacer les animaux dans la forêt pour les rattacher quelques pieds plus loin, là où la végétation n'avait pas encore été grignotée. La marche dans cette jungle s'est avérée un peu longue pour les enfants qui se demandaient bien pourquoi Filipé mettait ses animaux si loin dans la forêt. En effet, il doit se taper ces deux heures de marche à tous les deux jours. Nous sommes revenus contents de notre marche, les bras chargés d'oranges, concombres, piments forts, papayes vertes et autres.
Félipé nous avait aussi invités, Wasabi et Cat Mousses pour une excursion d'une journée sur l'île. Ainsi, il nous a trimballés une journée entière dans la boîte du pick-up emprunté d'un cousin à lui. Quelle belle journée nous avons eue! Il nous a fait voir tous les racoins de son île. On s'arrêtait partout, on jasait avec tout le monde. Il nous a emmené à je ne sais plus combien de maisons, de chefs de villages et tout. Les gens sont tellement accueillants. Ils n'ont rien et vous donneraient leur chemise. Un monsieur de 75 ans qui cultive encore un jardin nous a emmenés sur sa terre. Il nous a laissé là, au beau milieu du champs et nous a dit, promenez-vous et servez-vous. Tomates, aubergines, salade, Bok choy, fèves, cacao, papayes, tout y était. A la fin il est revenu nous chercher et nous a offert un gigantesque régime de bananes. Nous avons pique-niqué au bord de la mer et avons continué notre tournée de l'île, de ses églises et cimetières. Bref, une journée splendide avec, pour terminer, un arrêt dans un fuliu, une des piscines naturelles d'eau douce de l'île.
Devant autant de gentillesse, nous avons décidé d'inviter Filipé, sa femme Motto et leurs deux fils Brandon (10 ans) et Tuponoi (3 ans) à souper sur Cat Mousses avec Wasabi. Motto avait apporté un curry avec roti (tortillas faits maison) et des brioches de pain de coco. Nous avons passé une soirée tellement agréable en leur compagnie. Quel bel échange culturel! Que ce soit pour nos coutumes, la langue, la famille, le climat, la cuisine, le gouvernement, la politique ou autre, il faisait bon jaser avec ces gens fort intéressants, cultivés et étonnement très conscients et informés du reste du monde. Nos mousses aussi se sont bien amusés avec Brandon. Tuponoi de son côté, a placoté pas mal à notre Catherine en rotumien, ils avaient l'air de se comprendre malgré tout. Les jeunes ont sorti leur ligne à pêche en soirée et ont 'patenté' je ne sais trop quel système, mais toujours est-il qu'ils ont attrapé deux trevally. Nicolas et Antoine ont eux même nettoyé leurs prises. On les a poêlés comme des truites le lendemain midi. Ils étaient pas mal fiers de leur coup.
Nous avons quitté cette famille à regret, d'un côté comme de l'autre, l'appréciation était mutuelle et sincère. Ils nous ont longuement salués du bout du quai à notre départ. Sur ce, il est 04h00 AM, je commence à m'endormir sérieusement alors je vous dis bonsoir et à la prochaine.
Posté: 2010-09-02
Cat Mousses
Récit #149 - Dernier arrêt aux Fidjis
En route vers Rotuma, Fidji
Nous voici en mer pour les deux jours à venir pour notre dernier arrêt à Rotuma, île la plus au nord des Fidjis. Pour l'instant les vents sont faibles donc la mer est calme. Nous ne souffrons pas trop du mal de mer, nous avons tous réussi à manger un peu au souper. Depuis les trois derniers jours la pêche est bonne, enfin! Nous avons attrapé notre quatrième bonite cet PM. Nous avons pris la mer à midi et devrions arriver au petit matin dans deux jours. Il est présentement 23h40 et je termine ma 'watch' dans une trentaine de minutes. En faisant un rapide calcul je viens de réaliser que nous aurons passé cinq mois dans les Fidjis en tout et partout, entrecoupé d'un séjour à Wallis et Futuna. Heureusement car notre visa aurait depuis expiré. La vie est vraiment au ralenti cette année, c'est un 'beat' différent. Après tout voilà pourquoi nous avions pris la décision d'étirer le voyage d'un an. Nous voulions profiter de ces îles si exotiques du Pacifique.
Il y a 10 jours, lors de mon dernier récit, nous faisions route vers l'île de Robinson Crusoe, un 'resort' fort accueillant où nous avons passé trois belles journées. Le spectacle y était vraiment beau et il était facile de voir que le 'staff' de cet endroit est passionné par leur travail. Les fidjiennes, il faut le dire, ne sont pas nécessairement des beautés naturelles à cause de leurs cheveux frisé crépus mais les hommes. Ouf! comme dirait Aline! Ces danseurs avaient des corps. Bref, regarder ces hommes effectuer leurs danses de guerriers était un régal pour les yeux. Ils ont vraiment une équipe dynamique et souriante qui sait agrémenter le séjour des touristes qui y passent et ils sont très accueillants pour les navigateurs. Les enfants y ont eu beaucoup de plaisir et nous avons marché sur le feu, ou plutôt les pierres chaudes lors d'une soirée spectacle. Un matin nous sommes partis avec nos dinghys (Wasabi et nous) explorer la rivière et nous sommes aboutis sur une plage comme on en a rarement vu. En fait, nous allions tourner de bord quand nous avons rencontré un pêcheur qui nous a indiqué le chemin à prendre pour atteindre la plage. Ce dernier nous a fortement encouragé à y aller nous disant qu'il s'agissait d'une des 7 plus belles plages au monde. Force est d'admettre qu'il avait raison, la plage de cet endroit est absolument magnifique. D'une propreté naturelle impeccable, d'un sable parfait, avec une belle mer bleue et des vagues à faire rêver. La plage parfaite quoi. Après nous y être baignés, nous avons marché jusqu'au 'resort' qu'on voyait au loin, soit l'hôtel Intercontinental. Joli comme endroit mais nous préférons encore notre vie de marin.
Puis nous sommes retournés vers Lautoka pour faire notre réapprovisionnement final et nos clairances de sortie. Cette fois nous sommes restés à Port Denarau, le seul endroit où nous n'étions pas encore arrêtés, ça faisait changement de la marina de Vuda point. Denarau, quoi qu'extrêmement commercial et touristique est très propre et vaut quand même la peine d'être vu. C'est là que nos Mousses, en se réveillant un matin, ont décidé de se partir en affaires. Thomas et Nicolas sont devenus ' The Workmates' et Catherine et Antoine les 'Cleaning Masters'. Ils se sont conçus des cartes d'affaires exposant les services qu'ils offraient (service de nettoyage surtout). Ils ont imprimé leurs cartes puis sont partis seuls, tous les quatre, avec le dinghy et se sont séparés les bateaux dans le mouillage puis sur les quais. Après une vingtaine de minutes Catherine m'a appelée sur la radio VHF pour m'annoncer avec fierté qu'elle et Antoine venaient de décrocher leur premier contrat. Antoine est resté une heure alors que Catherine y a passé deux heures, ils ont lavé de la vaisselle puis nettoyé le pont. Catherine est revenue triomphante, brandissant un 5 $ (qu'elle a partagé avec Antoine) ainsi que des bijoux et un vernis à ongles qu'elle avait reçus. Inutile de dire qu'ils étaient plutôt fiers d'eux mais pas autant que leurs parents. J'avoue que j'étais au départ très sceptique dans leur projet mais ils ont travaillé fort pour arriver avec un concept et un nom de compagnie ainsi que créer et concevoir une carte d'affaire sur l'ordinateur. Ils ont non seulement mené leur projet à terme mais ils ont, en plus, réussi à décrocher un contrat. Comment vous dire la fierté que j'ai ressentie de voir mes enfants foncer ainsi pour aller se présenter aux gens et offrir leurs services. Pour ma Catherine plus particulièrement, c'est tout un exploit. Juste de partir seuls avec le dinghy c'est un exploit en soi car il faut le dire, notre moteur 25 forces, ça prend du bras pour le partir. Thomas commence à prendre de l'assurance pas mal car je réalise très bien que ça lui prend beaucoup de courage et de sang-froid pour partir seul de la sorte que ce soit avec le dinghy ou l'Optimiste. C'est beau partir mais encore faut-il pouvoir accoster sans anicroches, sans se fracasser dans les bateaux ou le quai et surtout, il faut pouvoir revenir. Bref, les enfants nous ont rendus très fiers ce jour-là. Dommage que nous devions déjà repartir le lendemain.
Ensuite nous avons amorcé notre route vers le nord des Fidjis, en nous arrêtant à trois endroits différents chemin faisant, question de passer la nuit. Nos deux derniers arrêts ont été le lagon bleu et les caves de Sawa-I-Lau. Nous avons finalement trouvé l'endroit où avait été tourné le fameux film du Lagon Bleu. Mouillés devant l'île, nous étions le seul bateau et nous nous sentions vraiment seuls au monde et vraiment trempés dans l'ambiance du film du Lagon bleu que nous avons religieusement ré-écouté. Quel beau film, quelle pureté et quelle innocence! Nous sommes allés explorer l'île le lendemain matin et avons retrouvé la plateforme de sacrifice où se retrouvaient, dans le film, les guerriers cannibales lors de leurs danses et cérémonies d'offrandes. Nous n'en revenions pas de retrouver ces vestiges sachant que le film a été tourné il y a 30 ans déjà. Les enfants ont été surpris de voir que la plateforme de roche et le Dieu étaient en fait une structure de styromousse et de broche à poule reposant sur un socle de béton solidifié par des poutres.
Bon mon quart de travail se termine, ça fait pas mal le tour des nouvelles, il est 00h35 je vais me coucher. J'oubliais, nous avons repris les classes cette semaine. Nos élèves sont motivés, même que c'est un peu eux qui m'ont donné le coup de pied pour recommencer. Ils avaient hâte que je sorte leurs nouveaux livres. Un début d'année c'est toujours excitant pour les enfants, même sur un bateau (Faut croire!) malgré qu'on a toujours les mêmes profs (les parents Beurk!) et les mêmes compagnons de classe. Hi! Hi! Hi! Tant mieux si la motivation est là!
Posté: 2010-08-24
Cat Mousses
Récit 150 - Rotuma
Rotuma, Fidji
Dans mon dernier récit, je faisais allusion à notre passage à Wallis et Futuna. J'ai complètement oublié de mentionner que dernièrement, je suis allée visiter le BLOG ou site: www.papayesvertes.net de Laurent et Manu qui nous avaient reçus chez eux à quelques reprises. Wow! Il faut voir ce BLOG, je vous le conseille fortement. On croirait des pages de scrapbooking. Je vous invite à y voir le carnet recettes, la recette de bami qu'ils nous avaient préparés y figure. Je vous conseille aussi d'aller voir leur visiste à Futuna du mois de juin dernier chez leur ami Franck qui nous avait aussi accueillis. C'est vraiment de belles photos mais surtout plein d'information intéressante sur ce bel endroit que nous avons si rapidement visité à cause du mauvais temps qui s'amenait et de la piètre qualité du mouillage là-bas. Ce site est un véritable régal pour les yeux et plus particulièrement le carnet recettes.
Notre arrivée à Rotuma s'est faite vers 10h30 AM hier le 26 août. La navigation jusqu'ici s'est faite sans trop de problèmes quoique les vents et les vagues ont forci pas mal. Aucun d'entre nous n'était en super forme il faut l'avouer. Nicolas a été malade hier matin avant le petit déjeuner. C'est drôle mais on dirait que je deviens de moins en moins tolérante face aux traversées, ou du moins pour les traversées de 2-3 jours, lesquelles sont trop courtes pour avoir le temps de s'adapter. En tout cas, n'en parlons plus, nous sommes rendus. Nous avons attrapé un thon banane de 85 cm avant-hier, ça faisait longtemps que nous n'en avions pas attrapé de ceux-là. Nous ne manquons pas d'oméga 3 ces jours-ci.
Nous sommes maintenant à notre dernier arrêt aux Fidjis, soit Rotuma, l'île la plus au nord des Fidjis. Nous avons décidé de sortir par le nord car ça nous rapproche de Tuvalu et de plus lorsque nous entrerons à Vanuatu, nous le ferons par le nord du pays pour descendre tranquillement vers le sud. A date, nos impressions de Rotuma sont plus que favorables. C'est exactement le genre d'endroit qu'on aime, retiré du reste du monde. Pour être retiré, c'est retiré. Avant nous il n'y avait eu que deux bateaux ici cette année à date. Inutile de dire que la parade de l'équipe de l'immigration s'en est donnée à cour joie sur le bateau. On se sentait comme des cobayes mais ils se sont montrés très aimables et surtout curieux de voir nos bateaux. Le policier n'a fait qu'un des deux bateaux, nous avons eu l'impression qu'il ne se sentait pas très bien. le mal de mer peut-être monsieur le policier? Les eaux ici sont d'un bleu d'une telle pureté, le sable de la grève est une poudre blanche tellement douce pour les pieds, les plages sont magnifiques. On peut facilement voir que cette île est d'origine volcanique par le relief du terrain. On a bien hâte d'explorer la caverne qu'on aperçoit à côté du bateau et qui n'est accessible que de la mer et ce à marée basse.
L'île volcanique de Rotuma est située à quelques 450 km au nord-ouest de Suva. Ils sont tellement loin du reste des Fidjis que pour eux Vanuatu est plus près que leur propre capitale. L'île mesure 13 km de long par 5 km de large en son point le plus large. Comme Rotuma a subi une invasion des Tonga au 17e siècle, l'influence tongienne y est apparemment très présente au niveau du langage et des danses. Ethiquement et linguistiquement, Rotuma est très distinct du reste des Fidjis. Il y avait sur l'île de Rotuma 3000 habitants à l'époque en 2005, cinq ans plus tard, il semble qu'il ne reste plus qu'environ 1000 personnes. Les jeunes quittent de façon alarmante. Il n'y a rien pour eux ici.
René, Thomas et Catherine sont partis à pied hier à la recherche d'un pain. Les enfants sont revenus exténués de leur marche, 5 km aller/5 km retour mais ils ont heureusement trouvé une âme charitable qui leur a fait faire une partie de la route dans son véhicule déjà bondé de monde. Au cours de leur marche René et les enfants sont passés devant la maison du chef d'un village qui les a invités chez lui avec empressement en leur offrant à boire. Il leur a coupé chacun une noix de coco en prenant soin de laisser le top comme bouchon. Il leur a expliqués qu'il faisait ceci pour leur permettre d'emmener la noix de coco avec eux pour la route, c'est loin la boulangerie leur a-t-il dit. 3km qui en fait se sont révélés 5 km, trois villages plus loin dans une maison privée. A leur arrivée, la boulangerie était fermée, ils sont revenus bredouilles. Ha ha ha! On s'en doutait! Mais tout de même, quelle belle façon de prendre contact avec les locaux. René était déjà en amour avec cette île et ses habitants dont certains, plus vieux, qu'il a rencontrés, ne parlent même pas anglais. Les routes sont de sable, mis-à-part les pentes qui sont cimentées pour en faciliter l'ascencion. Ici tout est à l'état pur et sauvage. Autant peut-être que l'île de Pitcairn sinon plus mais à plus grosse échelle car on compare 48 habitants à 1000 ici. Il nous reste encore 250$ fidjien et après avoir vu le petit magasin local, René est bien embêté de savoir comment il dépensera cet argent.
J'oubliais, il y a une chose qui nous chatouille un peu à Rotuma et ce sont les mouches. Pas des moustiques, des mouches! Bon ça ne pique pas mais ça chatouille, on se croirait dans un pays du tiers-monde par moments. Mais la beauté c'est que ces mouches semblent fonctionner sur les heures ouvrables seulement. En effet, une fois que le jour tombe, elles disparaissent comme par enchantement. Reste à voir si le samedi et dimanche sont des heures ouvrables pour nos amies les mouches. Ha ha! Si ce qu'ils disent est vrai, il doit y avoir pas mal de langoustes ici car on dit qu'il y a autant de langoustes que de mouches sur l'île! Inutile de dire qu'on a bien hâte à demain soir car un local nous emmènera pêcher. Un cousin de ce même homme nous emmènera, dans son 'pick up', faire une visite de l'île lundi (dans deux jours). Plus à suivre sur nos aventures puisque nous planifions rester une semaine environ.
P.S. Ce matin la journée a commencé de façon assez brutale. J'étais sur l'ordi à travailler sur mon récit et mes courriels depuis 06h20 AM quand, à 07h20 AM, les enfants ont crié: 'Regarde Wasabi est juste à côté de nous!' Je suis sortie en panique pensant qu'ils bougeaient pour aller s'ancrer ailleurs pour rapidement me rendre compte que c'est nous qui draguions. Panique, panique panique! On était à un cheveu de les frapper. J'ai parti le moteur puis René est arrivé. J'ai couru pour aller chercher une défense et puis hop on était sortis d'embarras. Few! On l'a échappé bel. Je n'exagérerais pas en disant qu'en dedans je me sentais aussi paniquée et stressée que lors du tsunami. J'avais tous les muscles du corps tendus et le cour qui battait à tout rompre. J'ai décrété cet incident valide pour remplacer ma séance de musculation quotidienne et je me suis donnée congé. Une chance que cet incident est survenu de jour, ça aurait pu arriver en pleine nuit sans qu'on s'en rende compte. Merci mon Dieu!
Posté: 2010-08-24
Cat Mousses
Récit #148 - Malolo Lailai, Fidji
Re-visite des Yasawa
Je n'irai pas dans le détail pour raconter notre retour dans les Yasawa mais j'avoue que c'est toujours aussi beau et agréable. Inutile de dire que pour moi les Fidjis c'est un coup de cour. Jamais depuis notre départ nous n'avons autant exploré tous les racoins d'un endroit. Notre visite tire à sa fin puisque qu'il ne nous reste plus que deux nouveaux endroits à voir aux Fidjis. Nous sommes rassasiés de tout le temps passé aux Fidjis, nous y avons vécu tout plein de belles expériences. La seule chose que nous n'avons pas réussi à accomplir est de chasser une chèvre. La fameuse chèvre, le capt en fait une fixation depuis qu'il sait que Sylvio de Matajusi en avait chassé une à Navadra, mais à ce jour, la chasse n'a pas été possible.
La visite des Yasawa a été, encore une fois, très agréable, cette fois en compagnie de Wasabi, Diane et son fils Jens. Nous y avons passé une dizaine de jours en nous arrêtant d'abord rapidement à Modriki (l'île du fameux film de Cast Away de Tom Hanks). Lors de la cérémonie du sevu sevu, on nous a offert de boire du kava. On ne pouvait refuser, surtout que c'était une première pour Diane et Jens. Tous en ont bu, jusqu'aux enfants. Ils ont été braves, ils ont trouvé le goût assez terreux et la langue leur picotait.
Le lendemain nous nous sommes arrêtés à la belle île déserte de Navadra pour y passer deux jours au cours desquels nous avons fait du snorkeling, escaladé la montagne, on s'est fait un BBQ sur la plage (hot dog au menu), bref on s'est amusés. Puis nous avons passé deux autres jours à Octopus Resort où les navigateurs sont toujours bien accueillis pour profiter de la piscine et des facilités. On s'est offert un massage et René et Brian ont fait une pêche de nuit avec un local. Ils sont revenus avec 9 slipper lobsters, 2 crabes et 2 poissons. Nous y sommes retournés le lendemain, cette fois sans le local mais Isabelle et moi étions de la partie. Cette pêche fut moins fructueuse avec seulement 3 slipper lobsters et 3 oursins mais c'est que René, ce soir-là, ne se sentait vraiment pas bien (mal de tête, maux de ventre, tremblements). Heureusement, le lendemain matin son malaise était passé.
A Manta Ray, nous avons fait sur la plage un festin avec le fruit de nos deux pêches de nuit et nous sommes délectés de nos slipper lobsters, crabes et poisson. Deux locaux se sont joints à nous et nous avons eu un bel après-midi bien arrosé, c'est important de ne pas se déshydrater dans cette chaleur.! Avant de repartir nous avons essayé de voir des raies manta lors d'une sortie en snorkeling mais elles n'étaient pas au rendez-vous. René et moi avons fait une plongée de nuit mais nous sommes revenus bredouilles de notre pêche. Puis ce fut Somo Somo où nous avons plongé sur l'épave d'un vieil avion datant de la deuxième guerre mondiale, un Spitfire. Nous avons d'abord traversé l'île à pied pour ensuite arriver à la maison d'une famille qui nous a guidés vers la mer et l'endroit où se trouvait l'avion. Jens, dont le papa est pilote était bien heureux de sa plongée. Puis nous avons été invités sur Wasabi pour une soirée sushis. René et Thomas avaient la veille fait une pêche de nuit où ils avaient attrapé une mini-pieuvre, 3 slipper lobsters et 2 poissons perroquet. Brian s'est surpassé avec ses sushis, c'était exquis, indescriptible! C'est vraiment un chef pour les sushis. Il a fait des miracles avec les oursins, la pieuvre, le lobster et son poisson travelly. Parmi tout ce qu'il nous a présenté au cours de la soirée, le dynamite lobster, Hawaien Poki et sushis de travelly skin grillé ont été de grands favoris. Nous sommes repartis de Somo Somo avec leur forêt en cendre sur notre pont puisque un énorme feu de broussailles a brûlé toute la journée la veille. Un petit peu salissant comme type de pluie, cette pluie de cendre. Parlant de pluie, nous n'en avons pas eu depuis très longtemps. Ca fait changement de la flotte que nous avions vécu à Savu Savu.
Ensuite ce fut Waya pour un arrêt d'une nuit. Nous y avons brûlé nos vidanges et on pouvait voir, sur l'île où on se trouvait, les vestiges d'un ancien resort, probablement rasé par un cyclône. Thomas a passé les deux derniers jours sur Wasabi pour bien profiter de son ami Jens qui quittait le 10. Ces deux amis faisaient un match parfait. Ensemble ils se sont disputés des matchs d'échecs, Otello et ils se sont faits, tous les enfants ensemble, des games de Monopoly du tonnerre qui pouvaient durer des journées entières. L'incontournable DS a aussi meublé beaucoup de leur temps. Ils ont relu les livres de Wimpy kid Diary. Ca tombait à point car nous venons de mettre la main sur le film qui vient de sortir. Bref, ils ont passé du bon temps et Jens a aussi légué à Thomas et aux enfants le goût du dessin en leur montrant les principes du graffiti (sur papier).
De retour à Vuda Point pour le départ de Diane et Jens, nous avons tenté une réanimation du frigo, ce cher frigo! Au moment où j'écris, il n'en a plus pour longtemps, il est à l'article de la mort. Nous allons devoir baisser les bras et une fois le respirateur artificiel débranché, j'ai bien peur que le frigo devra officiellement être déclaré cliniquement mort. Ho well! On verra ça en Australie, il n'y a plus d'options. Nous avons déjà perdu beaucoup trop de temps et d'énergie sur ce frigo.
Hier soir nous avons fait notre traditionnel BBQ des navigateurs au Island Bar à Musket Cove. Les enfants étaient invités à une fête d'amis puisque Love Song célébrait l'anniversaire de 4 ans de leur fils Wyatt. Antoine lui a fait cadeau de Jack Sparrow et quelques livres anglais que nous avions fini de lire. Il semble qu'il est tombé pile avec ses cadeaux savamment enveloppés de papier blanc estampillés à l'effigie de Cat Mousses. Avec un fil à pêche, il avait si bien attaché Jack Sparrow à son emballage qu'il a fallu sortir le couteau. Antoine et ses cordes! Il a dû faire du macramé dans une ancienne vie.
Nous faisons présentement route vers l'île de Robinson Crusoe. On nous dit qu'ils tiennent, le samedi soir, un super spectacle. On peut même y marcher sur le feu. C'est ce que nous verrons ce soir. Plus à suivre.
P.S. Nous venons de croiser une baleine qui a fait une bonne dizaine d'apparitions à la surface de l'eau juste devant le bateau. Ca faisait longtemps que nous n'en avions pas rencontré, la dernière fois c'était dans le lagon de Wallis. Nous avons aussi vu des dauphins lors de notre navigation vers Modriki. Nous étions bien contents que Diane et Jens puissent assister à ce spectacle.
Posté: 2010-08-14
Cat Mousses
Récit 147 - Vuda Point marina, Fidji
Deuxième visite aux Fidjis
Déjà 10 jours depuis mon dernier récit, le temps file à toute allure. Nous sommes finalement en vacances scolaires estivales. Les enfants sont bien heureux d'avoir complété leurs examens, on se donne un bon quatre semaines de pause puis on reprendra les classes à la fin août, question de ne pas trop perdre la main. Entre temps, les enfants font beaucoup de lecture. Catherine vient de compléter la collection Harry Potter. Elle a mis beaucoup de temps à se décider mais une fois partie, elle a littéralement dévoré toute la série des 7 livres. Elle a maintenant entrepris de terminer la collection de La Petite Maison dans la Prairie qu'elle avait entamée l'an dernier. Thomas de son côté est à terminer la collection des Chevaliers d'Emeraude prêtée par son copain Marc-André.
Nous sommes arrivés aux Fidjis le 19 juillet dernier, à Musket Cove où Isabelle et Brian de Wasabi célébraient leur mariage le 22 juillet. Il y avait plusieurs activités au programme pour l'occasion, dont se prélasser sur la plage ou à la piscine ou les sorties de snorkeling et autre. Nous avons eu une sortie de filles sur un catamaran de location le 20 juil. Nous y avons assisté au coucher de soleil et sommes sorties de là quelque peu éméchées, une chance que ça ne durait que deux heures car je n'aurais pas pu retourner par moi-même sur Cat Mousses avec le Dinghy. Après nous avons eu un enterrement de vie de fille au resto du Resort. On s'est vraiment bien amusées et la future s'est prêtée avec beaucoup de coopération à tous les défis qui lui étaient présentés. Pas mal, fo-folle notre Isabelle! Le lendemain nous avions un après-midi de filles à recevoir des soins dans le Spa du Resort avec fruits et champagne s.v.p. Josée et moi nous sommes payées un traitement de sablage et massage. Nous sommes sorties de là en flottant toujours sur notre nuage. Le soir les hommes ont eu un souper entre gars avec Brian. Thomas de son côté s'est fait ami avec Jens, le fils (13 ans) de l'amie (Diane) d'Isabelle Thomas et lui ont passé 2-3 jours ensemble pratiquement 24h/24. Jens couchait sur Cat Mousses et ils se sont beaucoup amusés tandis que Diane, sa maman, pouvait se concentrer, en tant que l'une des deux demoiselles d'honneur, sur les préparatifs reliés au mariage.
Le 22 juil, sous un soleil radieux, nous avions tous rendez-vous sur la plage pour 14h30, là où se tenait la célébration du mariage. La mariée nous est apparue, précédée dans la procession, de deux magnifiques guerriers fidjiens parés de leurs plus beaux atours. Comme elle était belle la mariée, dans sa belle robe blanche, au bras de son beau Brian, lui habillé d'un léger pantalon de lin et d'une belle chemise assortie à celles de ces deux fils, les sosies de leur père. Nous avons bien mangé, bien ri, nous avons eu une superbe soirée où tout était bien orchestré. Isabelle a chanté une chanson qu'elle avait composée pour son Brian en s'accompagnant à la guitare. Très touchant. Isabelle voulait des enfants présents à son mariage. Son vou a été réalisé, la piste de danse, dans le sable, était pleine d'enfants qui dansaient à qui mieux mieux. Antoine s'est donné pas mal, il a eu mal aux jambes pendant deux jours suivant le mariage. Bref nous avons passé un bon moment. Merci à Brian et Isabelle de nous avoir invités à partager ce moment. Nous qui pensions ne pas pouvoir y être! Comme quoi la vie arrange bien les choses.
Le lendemain du mariage, notre compresseur étant arrivé la veille au soir, nous avons levé l'ancre pour rallier la marina de Vuda Point. Jacques et Josée sont restés à Musket Cove , comme ils n'avaient pas encore eu le temps de bien profiter des Fidjis, nos chemins se séparent ici. Mais c'est un petit monde, nos chemins risquent de se recroiser de temps à autres sinon en Australie.
Depuis notre arrivée à Vuda Point, nous sommes sur une phase de travaux. Le frigo en tête de liste mais aussi nous avons changé l'antenne radio VHF, travaillé sur diverses connections attaquées par le sel et la corrosion, dont le pilote automatique, l'indicateur de vent et autre. René a travaillé sur les trampolines, fait ses changements d'huile et réparé les fuites d'air sur l'annexe. De mon côté, j'ai revernis les boiseries, question de les garder en bon état. J'ai fait un peu d'entretien/nettoyage et je suis allée passée l'après-midi en ville avec les enfants hier pour faire des emplettes de nourriture avant de partir refaire les Iles du Yasawa Group. Nous planifions partir le 30 ou 31 juil pour aller faire les Yasawa pour une dizaine de jours. Nous y rejoindrons Wasabi qui auront à leur bord Diane et son fils Jens que Thomas a bien hâte de revoir.
Posté: 2010-07-28