Cat Mousses
Récit #59 - La belle vie !
Au réveil ce matin nous trouvons un poisson volant sur le pont. Dès 07h42 nous remontons notre première coryphène ( 33' et presque 4 lbs). En la nettoyant, René trouve dans son estomac, deux poissons volant encore intacts qu'elle vient d'ingurgiter. C'est beau le cycle de la chaîne alimentaire. Le reste de l'avant-midi est consacré aux maths. Après le dîner nus avons droit à une douche bien méritée, quelle bonheur! Ce faisant, un poisson mord à notre ligne mais nous le perdons. Il y en aura d'autres. En fin de PM nous remontons deux autres coryphènes mais l'équipage, voyant que ce ne sont encore que des bébés, votent à l'unanimité pour leur rendre leur liberté. Finalement, nous en attrapons une dernière, la plus grosse à date, mais elle ne se rendra pas à bord puisque nous l'échappons au moment de la prendre dans la puisette.
Ce soir c'est un souper spécial. Toutes les raisons sont bonnes en mer pour célébrer. Ainsi, nous célébrons la première semaine, maintenant dernière nous, et le fait qu'il reste moins de 2000 MN à parcourir puisque nous sommes passés sous la barre du 1900 et même 1800 miles à l'heure où j'écris. Au menu de ce souper spécial, les sushis sont à l'honneur, accompagnés de Ceviche et de brushettas. C'est fou tout ce qu'on peut faire avec du poisson. Comme dessert on sort une gâterie du fond de nos réserves. Soit des mini tablettes de chocolat. Après deux, les enfants nous supplient pour une troisième. Je lance un défi à Antoine, lui promettant une barre supplémentaire pour toute la famille s'il arrive à m'écrire toutes les lettres de l'alphabet… No pressure! Je ne voyais pas grand risque à mon défi pensant qu'il lui serait impossible de le faire. Et bien non, aussitôt dit, aussitôt fait, voilà Antoine qui accourt avec papier crayon et qui se met au boulot. A ma grande surprise, je suis obligée (à une ou deux lettres près) de lui accorder la victoire. Il a tellement travaillé fort.
J'ai peu parlé d'Arnaud dernièrement mais ce n'est pas qu'il ne soit pas impliqué. Bien au contraire, il se voit chargé de plus en plus de responsabilités, ses journées commencent à être bien remplies et il gagne peu à peu la confiance du capt. Ca va être un gars à marier, il est maintenant maitre-couturier!!! Durant la journée, on récupère ou on enseigne et Arnaud est à la barre. D'ailleurs, Arnaud reçoit une promotion au cours du souper spécial et se voit chargé de son premier quart de nuit à la barre ce qui nous permet, à René et moi, de nous coucher à 20h30. A 22h50, nous nous réveillons en sursaut, une des écoutes de spi s'est relâchée. Nous accourons tous les deux à la rescousse et la situation est vite rétablie. Merci Arnaud, tu vas contribuer à nous laisser dormir des petites heures supplémentaires qui seront fort bienvenues. Je remarque alors que notre plus grosse ligne à pêche a été laissée à la traîne. Bizarre, on ne laisse jamais les lignes sorties une fois la noirceur tombée. Mais que vois-je? L'élastique (amortisseur) qui tient la ligne est tendu… S'agirait-il enfin de notre espadon… c'est big… c'est 'huge', ce n'est pas une coryphène c'est certain! Billy the Fisher va en avoir pour son argent. Vite, vite, branle-bas de combat à bord… mais au moment de commencer à remonter la ligne… plus rien. Bon c'est une chose d'avoir perdu le poisson mais on craint le pire, soit d'avoir perdu notre super méga 'dupper' hameçon (leurre). On remonte la ligne et nous constatons avec soulagement que notre gros monstre a eu la décence de nous laisser notre leurre intact ( mis-à-part quelques trous et déchirures, laissés par ses dents acérées sur le caoutchouc qui tient les hameçons). Ouf! Fiou comme dirait Nicolas!
Les enfants pendant le jour, s'en donnent à cœur joie et établissent de nombreuses communications radios avec les enfants des bateaux environnants. Catherine doit bien parler 3 à 4 fois par jour avec son amie Amanda sur Lucey Blue. Thomas de son côté, entretient des conversations de gars avec ses amis norvégiens (Lucey Blue) et américains (Gone Native) aux cours desquelles les histoires de pêcheurs fusent de toute part.
Pour la première fois de notre vie de navigateurs, nous naviguons au spi (pendant la nuit). On commence à être un peu plus téméraires. Avec la grand voile nous atteignons des vitesses de 7 à 8 nœuds mais gardons une moyenne de 6 nœuds. On se croirait flotter sur un nuage tant c'est 'smooth'. Mais ceci ne durera pas car au petit matin, le vent tourne et vient maintenant du sud-est. Nous ne l'avons donc plus dans le dos mais de côté et ce pour au moins les 24 heures à venir selon les rapports météo.
Côté température, il fait maintenant tellement doux que c'est rendu que Catherine couche dehors le soir, disant qu'elle a trop chaud en dedans. Elle va trouver ça dure les Antilles! C'est vraiment la belle vie! Dans ces moments, nous remercions le ciel de nous permettre de vivre une aussi belle expérience. On prend bien soin de régulièrement nous remémorer notre ancienne vie et le fait que nous devrions être assis derrière un bureau. Nous voulons nous assurer de ne jamais oublier notre chance afin d'être à même de mieux apprécier chaque seconde du bonheur que nous vivons.







