Brania
Resumé Brania Tobago et Antilles du Sud
Tobago et Antilles du sud
L'Ile de Tobago, ancienne possession anglaise, faisant maintenant parti de la République Trinidade et Tobago, est parsemé de baies, surplombé de montages abruptes dont les flancs sont couverts d'une végétation tropical dense. De petits villages se cachent au fond de plusieurs de ces baies. Des maisons colorées et fleuries décorent les flancs de montagnes.
Scarborought est la cité névralgique de Tobago et c'est là que Brania mouillera l'ancre au matin apres un peu plus de trois jours de mer. Quelques voiliers sont mouillés pres de nous, mais l'endroit n'est pas terrible a cause du petit port un peu bruyant. C'est un voyageur français, rencontré sur le ponton, qui me dit que Charlotteville au nord est beaucoup plus attrayante.
Je met donc tout de suite le cap pour Charlotteville afin d'y arriver avant la nuit. Entrant dans la baie des Pirates au fond de laquelle le village de Charlotteville m'apparait avec ses jolies barques de pêche ancrés pres de la plage. Comme fond de toile, le village est bordé de ces falaises verdoyantes. Avec le silence et la lumiere du soleil couchant, ce paysage devient d'une beauté a coupé le souffle. C'est l'ancre et sa chaîne, déboulant de la baille à mouillage, qui viennent briser ce silence contemplatif que j'avais.
Le village de Charlotteville avec sa grande baie est bien jolie et les villageois sont sympathiques et vivent bien sûr surtout de la pêche, mais de plus en plus du tourisme. Une bonne quinzaine de voiliers sont mouillés dans la baie des Pirates. J'adore le nom de cette baie, il ne me manque que le cache-oeil parce qu'à part ça avec mon short dont le bas est tout effiloché parce que j'avais coupé les jambes d'une vieille paire de jean en Afrique, ma barbe de trois jours et mes cheveux long de trois mois, j'ai l'air d'un pirates des caraïbes. A L'ABORDAGE.
Brania visitera la plupart des baies du côté caraïbe de Tobago, toutes, quand même assez rouleuses.C'est de Plymouth que je visiterai l'intérieur de l'île en autobus, ici bon marché.De cette visite, j'apprendrai qu'une grande bataille naval a eu lieu en fevrier 1677 entre les gentils français et les méchants hollandais. Je n'ai aucun parti pris.Plus de 2000 hommes ont péri dans cette bataille a coup de boulets de canons que les cousins ont perdu d'ailleurs, mais gagné en décembre suivant afin de reprendre l'île qu'ils ont dû remettre aux anglais lors du traité de Paris. Le même traité ou les cousins ont dû remettre aussi le grand Canada et ses arpents de neige pour ne garder que St-Pierre et Miquelon, la Martinique et la Guadeloupe. Ce n'est pas de mes affaires, mes je crois que les cousins se sont fait passer un sapin.
Un beau gros canon en cuivre ornée de fleurs de lys retrouvé récemment dans la baie est bien mit en valeur a côté de deux canons tout rouillés des hollandais. De ce grand voyage entreprit en juillet dernier, Tobago est le dernier endroit qui m'était inconnu. Dorénavant, je serai en terre connue et pour ma part,la prochaine étape n'aura plus rien à voir au niveau des découvertes. Bien loin est maintenant l'Afrique, sa brousse, ses fleuves et les peuplades qui les entourent. Bien loin aussi l'Espagne , ses villes et ses grandes baies. Le Brésil et ses musiques, La France,son patrimoine et les amis(es).
Dans les Antilles, c'est un autre monde, celle du touriste qu'on tente de siffonner a fond. Bientôt on y taxera le vent. Merde, je leurs ai fait penser...
Par chance, des amis viendront me rejoindre à Ste-Lucie passer quelques semaine à bord.
C'est de Ste-Lucie, bien connue pour ses deux Pitons que Michel retourne au Québec. Depuis plus de quinze ans maintenant qu'il n'a pas vu l'hiver et qu'il navigue sans cesse.
Une nouvelle vie l' attend au pays du manteau blanc. Je lui souhaite tout le bonheur du monde.
De plus, son ami, Serge, se bat chaque jour contre un cancer qui gagne du terrain. Serge connait bien Brania pour y avoir navigué. Il était là au départ de Québec, venu nous salué et nous souhaiter bon voyage malgré une faiblesse extrême. Il ne cesse de nous suivre suivant mes résumé et Dieu sait à quel point il aurait aimé faire parti de l'équipage du Brania . J'ai encore cette lettre que tu m'a écrite Serge. Sans ça, tu y serais, toute un honneur pour moi. Mais la vie ne veut pas toujours et ne tient qu'à un brin de fil, toi ça tu le sais.
Richard, Michèle et leurs deux enfants, Camille et Victor embarquent à bord. Quelques jours de petites navigations sous le vent de Ste-Lucie afin d'ammariner mon nouvel équipage. Baignade et bon temps entouré des paysages montagneux de Ste-Lucie agrémentes nos mouillages des différentes baies de l'île.
A Rodney Bay, je retrouve Gervais et Monique de Taranga. Je les avais rencontré aux Canaries et nous avions fait un bout de chemin ensemble jusqu'à Dakar. De belles retrouvailles.
Étant donné qu'en Martinique les épiceries sont vides, à cause d'une grève, nous profitons de notre séjour à Ste-Lucie pour faire le plein de denrées fraîches et hop, en route pour la Martinique. Camille a le mal de mer, mais elle est courageuse et paie le prix de passage à Neptune et elle l'assume tres bien. Apres quelques heures, Brania est ancré dans la baie Ste-Anne au sud de la Martinique.
Le Lendemain, tôt le matin, Yves du voilier La Rencontre, lui aussi rencontré à Dakar, arrive en trombe sous voile et nous frôle la poupe en nous saluant, affale ses voiles, mouille l'ancre, met son dinghy à l'eau, tout ça en moin de deux minutes et vient a bord de Brania, heureux qu'on se retrouve. Mon équipage est impressionné. Il en est à sa quatrieme traversée de l' Atlantique en solitaire avec son voilier de vinght-cinq pieds. Lors de la derniere traversée, qu'il a trouvé difficile, son gouvernail a cassé à pres de cinq cent milles au large de la Martinique. Il a mit deux jours à imaginer avec les moyens du bord un systeme de gouvernail en utilisant les deux rames du dinghy. C'est tout un bonhomme.
De plus, Françoise, une bonne amie de Rochefort, est là elle aussi sur son voilier en alu Vitamine, qu'elle retape depuis six mois. Inutile de vous dire qu'en soirée à bord de Brania, un bon repas nous réunis tous à se remémorer les souvenirs de nos péripéties de France et d' Afrique.
Yves m'a fait part de ce qu'il a trouvé le plus difficile lors de sa dernière traversée , c'est la soltude. Il aimerait naviguer de concert avec Brania étant donné que je connais bien les Antilles.C'est donc accompagné de La Rencontre que Brania mouille dans les baies et les anses de la Martinique et découvrons une caverne dont l'intérieur est garnie de chauve-souris, une crevasse que nous avons exploré en apnée pres de l'anse Dufour, le mont Pelé, toujours en activite pres de St-Pierre. Autant de découverte pour nous et les enfants Camille et Victor.
De St-Pierre, en route pour la Dominique.L'ile nature des Caraïbes. Montagneuse et luxuriante, elle est un bijoux dont les dominicains sont fiers et ont appris de la bonne façon à la faire découvrir aux touristes. Nous avons visité, sous une légere pluie que les insulaires nomment "liquid of sunshine" parce qu'elle ne mouille pas, la chute Victoria pour laquelle nous avons marché pres de deux heures à travers la "rain forest" dans des sentiers de boue, de roches, traversant la rivière blanche à plusieurs reprises dans un courant assez fort. Mais tout ces efforts en valaient la peine lorsque la chute nous apparue, tombant avec fracas dans une piscine de roches naturelles entourée de la végétation dense propre à la Dominique.
Roseau, capital de la Dominique, est vivante et nous attires dans ses ruelles étroites jonchées de marchandises de toutes sortes desquels les marchands sont tres respectueux.
Au jardin botanique de l'endroit, nous, nous sommes bien marré en se balançant comme Tarzan, mon idole d'antan, avec les liannes d'un gros arbres en criant, bien sûr, le cris approprié; ah ah AH AH ah...
De Portsmouth, au nord-ouest de la Dominique, Richard, Michèle et les enfants vont quitter Brania pour retourner au Québec apres une bonne dizaine de jours de découvertes. Nous avons profité de chaque moment ensemble et je sais bien que Richard n'a pas l'envie ni le goût du tout de retourner au boulot lundi matin. Courage, courage.
Quant a moi, pour la première fois depuis le dépard de Québec, je serai seul à bord à faire les manoeuvres, tout un changement que je vais bien aimer en attendant la visite.
Allez, Pirate d'eau douce, hisse la grande-voile de ton bateau, L' archipel de Saintes t'attend. Cap au nord Brania.
Sylvio Côté
Du Brania







