Cat Mousses

Récit #149 - Dernier arrêt aux Fidjis

En route vers Rotuma, Fidji

Nous voici en mer pour les deux jours à venir pour notre dernier arrêt à Rotuma, île la plus au nord des Fidjis. Pour l'instant les vents sont faibles donc la mer est calme. Nous ne souffrons pas trop du mal de mer, nous avons tous réussi à manger un peu au souper. Depuis les trois derniers jours la pêche est bonne, enfin! Nous avons attrapé notre quatrième bonite cet PM. Nous avons pris la mer à midi et devrions arriver au petit matin dans deux jours. Il est présentement 23h40 et je termine ma 'watch' dans une trentaine de minutes. En faisant un rapide calcul je viens de réaliser que nous aurons passé cinq mois dans les Fidjis en tout et partout, entrecoupé d'un séjour à Wallis et Futuna. Heureusement car notre visa aurait depuis expiré. La vie est vraiment au ralenti cette année, c'est un 'beat' différent. Après tout voilà pourquoi nous avions pris la décision d'étirer le voyage d'un an. Nous voulions profiter de ces îles si exotiques du Pacifique.

Il y a 10 jours, lors de mon dernier récit, nous faisions route vers l'île de Robinson Crusoe, un 'resort' fort accueillant où nous avons passé trois belles journées. Le spectacle y était vraiment beau et il était facile de voir que le 'staff' de cet endroit est passionné par leur travail. Les fidjiennes, il faut le dire, ne sont pas nécessairement des beautés naturelles à cause de leurs cheveux frisé crépus mais les hommes. Ouf! comme dirait Aline! Ces danseurs avaient des corps. Bref, regarder ces hommes effectuer leurs danses de guerriers était un régal pour les yeux. Ils ont vraiment une équipe dynamique et souriante qui sait agrémenter le séjour des touristes qui y passent et ils sont très accueillants pour les navigateurs. Les enfants y ont eu beaucoup de plaisir et nous avons marché sur le feu, ou plutôt les pierres chaudes lors d'une soirée spectacle. Un matin nous sommes partis avec nos dinghys (Wasabi et nous) explorer la rivière et nous sommes aboutis sur une plage comme on en a rarement vu. En fait, nous allions tourner de bord quand nous avons rencontré un pêcheur qui nous a indiqué le chemin à prendre pour atteindre la plage. Ce dernier nous a fortement encouragé à y aller nous disant qu'il s'agissait d'une des 7 plus belles plages au monde. Force est d'admettre qu'il avait raison, la plage de cet endroit est absolument magnifique. D'une propreté naturelle impeccable, d'un sable parfait, avec une belle mer bleue et des vagues à faire rêver. La plage parfaite quoi. Après nous y être baignés, nous avons marché jusqu'au 'resort' qu'on voyait au loin, soit l'hôtel Intercontinental. Joli comme endroit mais nous préférons encore notre vie de marin.

Puis nous sommes retournés vers Lautoka pour faire notre réapprovisionnement final et nos clairances de sortie. Cette fois nous sommes restés à Port Denarau, le seul endroit où nous n'étions pas encore arrêtés, ça faisait changement de la marina de Vuda point. Denarau, quoi qu'extrêmement commercial et touristique est très propre et vaut quand même la peine d'être vu. C'est là que nos Mousses, en se réveillant un matin, ont décidé de se partir en affaires. Thomas et Nicolas sont devenus ' The Workmates' et Catherine et Antoine les 'Cleaning Masters'. Ils se sont conçus des cartes d'affaires exposant les services qu'ils offraient (service de nettoyage surtout). Ils ont imprimé leurs cartes puis sont partis seuls, tous les quatre, avec le dinghy et se sont séparés les bateaux dans le mouillage puis sur les quais. Après une vingtaine de minutes Catherine m'a appelée sur la radio VHF pour m'annoncer avec fierté qu'elle et Antoine venaient de décrocher leur premier contrat. Antoine est resté une heure alors que Catherine y a passé deux heures, ils ont lavé de la vaisselle puis nettoyé le pont. Catherine est revenue triomphante, brandissant un 5 $ (qu'elle a partagé avec Antoine) ainsi que des bijoux et un vernis à ongles qu'elle avait reçus. Inutile de dire qu'ils étaient plutôt fiers d'eux mais pas autant que leurs parents. J'avoue que j'étais au départ très sceptique dans leur projet mais ils ont travaillé fort pour arriver avec un concept et un nom de compagnie ainsi que créer et concevoir une carte d'affaire sur l'ordinateur. Ils ont non seulement mené leur projet à terme mais ils ont, en plus, réussi à décrocher un contrat. Comment vous dire la fierté que j'ai ressentie de voir mes enfants foncer ainsi pour aller se présenter aux gens et offrir leurs services. Pour ma Catherine plus particulièrement, c'est tout un exploit. Juste de partir seuls avec le dinghy c'est un exploit en soi car il faut le dire, notre moteur 25 forces, ça prend du bras pour le partir. Thomas commence à prendre de l'assurance pas mal car je réalise très bien que ça lui prend beaucoup de courage et de sang-froid pour partir seul de la sorte que ce soit avec le dinghy ou l'Optimiste. C'est beau partir mais encore faut-il pouvoir accoster sans anicroches, sans se fracasser dans les bateaux ou le quai et surtout, il faut pouvoir revenir. Bref, les enfants nous ont rendus très fiers ce jour-là. Dommage que nous devions déjà repartir le lendemain.

Ensuite nous avons amorcé notre route vers le nord des Fidjis, en nous arrêtant à trois endroits différents chemin faisant, question de passer la nuit. Nos deux derniers arrêts ont été le lagon bleu et les caves de Sawa-I-Lau. Nous avons finalement trouvé l'endroit où avait été tourné le fameux film du Lagon Bleu. Mouillés devant l'île, nous étions le seul bateau et nous nous sentions vraiment seuls au monde et vraiment trempés dans l'ambiance du film du Lagon bleu que nous avons religieusement ré-écouté. Quel beau film, quelle pureté et quelle innocence! Nous sommes allés explorer l'île le lendemain matin et avons retrouvé la plateforme de sacrifice où se retrouvaient, dans le film, les guerriers cannibales lors de leurs danses et cérémonies d'offrandes. Nous n'en revenions pas de retrouver ces vestiges sachant que le film a été tourné il y a 30 ans déjà. Les enfants ont été surpris de voir que la plateforme de roche et le Dieu étaient en fait une structure de styromousse et de broche à poule reposant sur un socle de béton solidifié par des poutres.

Bon mon quart de travail se termine, ça fait pas mal le tour des nouvelles, il est 00h35 je vais me coucher. J'oubliais, nous avons repris les classes cette semaine. Nos élèves sont motivés, même que c'est un peu eux qui m'ont donné le coup de pied pour recommencer. Ils avaient hâte que je sorte leurs nouveaux livres. Un début d'année c'est toujours excitant pour les enfants, même sur un bateau (Faut croire!) malgré qu'on a toujours les mêmes profs (les parents Beurk!) et les mêmes compagnons de classe. Hi! Hi! Hi! Tant mieux si la motivation est là!

Posté: 2010-08-24

Cat Mousses

Récit 150 - Rotuma

Rotuma, Fidji

Dans mon dernier récit, je faisais allusion à notre passage à Wallis et Futuna. J'ai complètement oublié de mentionner que dernièrement, je suis allée visiter le BLOG ou site: www.papayesvertes.net de Laurent et Manu qui nous avaient reçus chez eux à quelques reprises. Wow! Il faut voir ce BLOG, je vous le conseille fortement. On croirait des pages de scrapbooking. Je vous invite à y voir le carnet recettes, la recette de bami qu'ils nous avaient préparés y figure. Je vous conseille aussi d'aller voir leur visiste à Futuna du mois de juin dernier chez leur ami Franck qui nous avait aussi accueillis. C'est vraiment de belles photos mais surtout plein d'information intéressante sur ce bel endroit que nous avons si rapidement visité à cause du mauvais temps qui s'amenait et de la piètre qualité du mouillage là-bas. Ce site est un véritable régal pour les yeux et plus particulièrement le carnet recettes.

Notre arrivée à Rotuma s'est faite vers 10h30 AM hier le 26 août. La navigation jusqu'ici s'est faite sans trop de problèmes quoique les vents et les vagues ont forci pas mal. Aucun d'entre nous n'était en super forme il faut l'avouer. Nicolas a été malade hier matin avant le petit déjeuner. C'est drôle mais on dirait que je deviens de moins en moins tolérante face aux traversées, ou du moins pour les traversées de 2-3 jours, lesquelles sont trop courtes pour avoir le temps de s'adapter. En tout cas, n'en parlons plus, nous sommes rendus. Nous avons attrapé un thon banane de 85 cm avant-hier, ça faisait longtemps que nous n'en avions pas attrapé de ceux-là. Nous ne manquons pas d'oméga 3 ces jours-ci.

Nous sommes maintenant à notre dernier arrêt aux Fidjis, soit Rotuma, l'île la plus au nord des Fidjis. Nous avons décidé de sortir par le nord car ça nous rapproche de Tuvalu et de plus lorsque nous entrerons à Vanuatu, nous le ferons par le nord du pays pour descendre tranquillement vers le sud. A date, nos impressions de Rotuma sont plus que favorables. C'est exactement le genre d'endroit qu'on aime, retiré du reste du monde. Pour être retiré, c'est retiré. Avant nous il n'y avait eu que deux bateaux ici cette année à date. Inutile de dire que la parade de l'équipe de l'immigration s'en est donnée à cour joie sur le bateau. On se sentait comme des cobayes mais ils se sont montrés très aimables et surtout curieux de voir nos bateaux. Le policier n'a fait qu'un des deux bateaux, nous avons eu l'impression qu'il ne se sentait pas très bien. le mal de mer peut-être monsieur le policier? Les eaux ici sont d'un bleu d'une telle pureté, le sable de la grève est une poudre blanche tellement douce pour les pieds, les plages sont magnifiques. On peut facilement voir que cette île est d'origine volcanique par le relief du terrain. On a bien hâte d'explorer la caverne qu'on aperçoit à côté du bateau et qui n'est accessible que de la mer et ce à marée basse.

L'île volcanique de Rotuma est située à quelques 450 km au nord-ouest de Suva. Ils sont tellement loin du reste des Fidjis que pour eux Vanuatu est plus près que leur propre capitale. L'île mesure 13 km de long par 5 km de large en son point le plus large. Comme Rotuma a subi une invasion des Tonga au 17e siècle, l'influence tongienne y est apparemment très présente au niveau du langage et des danses. Ethiquement et linguistiquement, Rotuma est très distinct du reste des Fidjis. Il y avait sur l'île de Rotuma 3000 habitants à l'époque en 2005, cinq ans plus tard, il semble qu'il ne reste plus qu'environ 1000 personnes. Les jeunes quittent de façon alarmante. Il n'y a rien pour eux ici.

René, Thomas et Catherine sont partis à pied hier à la recherche d'un pain. Les enfants sont revenus exténués de leur marche, 5 km aller/5 km retour mais ils ont heureusement trouvé une âme charitable qui leur a fait faire une partie de la route dans son véhicule déjà bondé de monde. Au cours de leur marche René et les enfants sont passés devant la maison du chef d'un village qui les a invités chez lui avec empressement en leur offrant à boire. Il leur a coupé chacun une noix de coco en prenant soin de laisser le top comme bouchon. Il leur a expliqués qu'il faisait ceci pour leur permettre d'emmener la noix de coco avec eux pour la route, c'est loin la boulangerie leur a-t-il dit. 3km qui en fait se sont révélés 5 km, trois villages plus loin dans une maison privée. A leur arrivée, la boulangerie était fermée, ils sont revenus bredouilles. Ha ha ha! On s'en doutait! Mais tout de même, quelle belle façon de prendre contact avec les locaux. René était déjà en amour avec cette île et ses habitants dont certains, plus vieux, qu'il a rencontrés, ne parlent même pas anglais. Les routes sont de sable, mis-à-part les pentes qui sont cimentées pour en faciliter l'ascencion. Ici tout est à l'état pur et sauvage. Autant peut-être que l'île de Pitcairn sinon plus mais à plus grosse échelle car on compare 48 habitants à 1000 ici. Il nous reste encore 250$ fidjien et après avoir vu le petit magasin local, René est bien embêté de savoir comment il dépensera cet argent.

J'oubliais, il y a une chose qui nous chatouille un peu à Rotuma et ce sont les mouches. Pas des moustiques, des mouches! Bon ça ne pique pas mais ça chatouille, on se croirait dans un pays du tiers-monde par moments. Mais la beauté c'est que ces mouches semblent fonctionner sur les heures ouvrables seulement. En effet, une fois que le jour tombe, elles disparaissent comme par enchantement. Reste à voir si le samedi et dimanche sont des heures ouvrables pour nos amies les mouches. Ha ha! Si ce qu'ils disent est vrai, il doit y avoir pas mal de langoustes ici car on dit qu'il y a autant de langoustes que de mouches sur l'île! Inutile de dire qu'on a bien hâte à demain soir car un local nous emmènera pêcher. Un cousin de ce même homme nous emmènera, dans son 'pick up', faire une visite de l'île lundi (dans deux jours). Plus à suivre sur nos aventures puisque nous planifions rester une semaine environ.

P.S. Ce matin la journée a commencé de façon assez brutale. J'étais sur l'ordi à travailler sur mon récit et mes courriels depuis 06h20 AM quand, à 07h20 AM, les enfants ont crié: 'Regarde Wasabi est juste à côté de nous!' Je suis sortie en panique pensant qu'ils bougeaient pour aller s'ancrer ailleurs pour rapidement me rendre compte que c'est nous qui draguions. Panique, panique panique! On était à un cheveu de les frapper. J'ai parti le moteur puis René est arrivé. J'ai couru pour aller chercher une défense et puis hop on était sortis d'embarras. Few! On l'a échappé bel. Je n'exagérerais pas en disant qu'en dedans je me sentais aussi paniquée et stressée que lors du tsunami. J'avais tous les muscles du corps tendus et le cour qui battait à tout rompre. J'ai décrété cet incident valide pour remplacer ma séance de musculation quotidienne et je me suis donnée congé. Une chance que cet incident est survenu de jour, ça aurait pu arriver en pleine nuit sans qu'on s'en rende compte. Merci mon Dieu!

Posté: 2010-08-24